
Si la lutte paysanne du Larzac a fait date dans le milieu de la contestation écologique, quelles ont été les modalités de lutte, dans quel contexte historique s’inscrit-elle ? La lutte paysanne du Larzac est-elle réellement une lutte environnementale dont l’écho résonne encore ?
On plonge à l’occasion de cette émission dans l’histoire du plateau du Larzac, qui a tant marqué et inspiré les luttes à venir, avec l’historien et directeur de recherches au CNRS, Philippe Artières, auteur du Peuple du Larzac, publié aux éditions de La Découverte. Pour lui, l’image du combat du Larzac est celle d’un mouvement non-violent, plus qu’anti-militariste, avec des personnes qui se sont installées là « à partir des années 1975 et ils vont vraiment développer un centre, un pôle qui va attirer beaucoup de gens« . Même si le combat s’est fait entendre jusqu’à Paris, le plateau était plutôt éloigné de la capitale et des centres de décision à l’époque. Les marches organisées en 1973, puis 1978 et 1980 étaient de plus grands périples qu’aujourd’hui. Le plateau du Larzac avant la construction de l’A75 et de son célèbre viaduc au-dessus de Millau, c’était la nationale 9, un long, très long ruban sinueux qui traverse les pentes du Massif Central, sans oublier, avant, la vallée de l’Hérault au sud, et les Causses à franchir.
